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L'OPINION

« La vérité n’est pas toujours conforme à l’opinion de la majorité »

 

AccueilL’avis de la majorité n’est peut-être que le produit d’une opération de communication équivoque, la suite logique d’une campagne d’informations lacunaires ou l’expression de l’ignorance du système de valeurs (normes sociales) promulgué par la société : confrontées à des points de vue divergents certaines personnes appelées à prendre d’importantes décisions ont naturellement tendance à partager l’opinion du groupe le plus représentatif qui compte, précisément, sur cet avantage pour engendrer l’approbation. Quand le risque d’un tel comportement existe et que l’enjeu est de taille, le recours à une stratégie de dissuasion efficace vise à assurer le contrôle du débat avant même qu’il ne soit initié par le plus grand nombre.

La logique de dissuasion est présente dans la plupart des structures sociétales, notamment : l’échange d’informations entre les autorités fiscales des pays membres de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economique) a pour conséquence d’élever de simples accords formalisés entre banques et titulaires de comptes au rang de données hautement dissuasives. De même, l’exposé de Fabrice Arfi, intitulé « le compte suisse du ministre du budget » publié le 4 décembre 2012 sur Internet, préfigure la fin du parcours de l’ex-ministre et un coup de massue pour la gauche et le gouvernement qui avait choisi de suivre M. Cahuzac dans ses dénégations.

La dissuasion consiste à prévenir un acte en persuadant l’acteur concerné que les coûts d’une telle action excèdent ses bénéfices. Ces coûts peuvent être directs (dissuasion par interdiction) ou indirects (dissuasion par représailles). Même si elle peut comprendre une part d’irrationalité, la dissuasion repose d’abord et avant tout sur le principe de rationalité des acteurs, et plus précisément sur ce qu’on appelle la « théorie des choix rationnels », que l’on retrouve à la fois en sociologie et en économie. Elle suggère que l’individu est capable d’évaluer les coûts et les avantages de ses choix, et qu’il est enclin à maximiser ses bénéfices.

Toutefois, les capacités liées aux techniques d’acquisition de connaissance des acteurs et leur aptitude à intégrer des informations nouvelles dans le processus de décision sont limitées : l’acteur choisit fréquemment la première option qui lui semble aller dans le sens de ses intérêts et tend ensuite à rejeter toute information remettant ce choix en cause.

Etre rationnel ne veut pas nécessairement dire raisonnable. Certains acteurs, fortement enclins à la prise de risque, sont difficiles à dissuader ce qui les prédispose à agir d’une manière insidieuse pouvant conduire, en toute conscience ou non, jusqu’à l’escalade.

La fréquence de cette préférence pour le risque a fait l’objet de travaux approfondis. Les théoriciens les plus critiques à l’égard de la validité du concept de dissuasion en concluent « qu’une stratégie de dissuasion s’appuie sur des présupposés irréalistes quand à la manière dont les gens raisonnent. Les êtres humains ne sont pas toujours rationnels et ont très peu de chances de l’être lorsque leurs émotions sont suscitées et qu’ils font face à d’intenses conflits de choix. Or, c’est précisément la situation dans laquelle la dissuasion est le plus souvent mise en jeu ».

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